Entreprises : embauchez des salariés boomerang


Les employeurs le savent : le turn-over coûte cher aux entreprises et aux économies. Il est en effet couramment admis que le départ et le remplacement d’une personne démissionnaire génère un coût équivalent à une année de salaire (frais de recrutement, de formation, perte de compétences, de productivité, etc). Ces coûts cachés (incorporés dans les comptes des sociétés mais pas directement lisibles) devraient inciter les entreprises à développer des stratégies de fidélisation des collaborateurs et à considérer d’un œil différent ce qu’on appelle les « salariés boomerang ». Aujourd’hui, le temps où les salariés faisaient leur carrière dans la même entreprise est révolu : les salariés intégrent et quittent les entreprises de façon plus ou moins régulières selon les secteurs d’activités, les métiers et les profils.

 

Phénomène un peu nouveau : certains salariés reviennent travailler dans les entreprises qu’ils ont quitté à un moment. On les appelle les salariés boomerang.

 

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Qu’est-ce qu’un salarié boomerang ?

Pour qualifier un salarié de boomerang, 4 conditions cumulatives doivent être remplies :

  • Le collaborateur est un top-performer, incarnant la culture et les valeurs de l'organisation
  • Le collaborateur décide de quitter l’entreprise de son propre chef pour une raison personnelle ou professionnelle (cela exclut d’office les personnes licenciées ou ayant négocié leur départ)
  • Il quitte la société en bons termes, gère sa transition de façon professionnelle (transmission des dossiers et des informations soignée).
  • Il a une très forte capacité à garder des contacts réguliers avec ses anciens collègues et d’une façon générale avec l’entreprise

 

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Pour quelles raisons les salariés boomerang quittent ils leur entreprise ?

De façon générale, il n’existe pas de portrait-robot du salarié boomerang tant les profils et les parcours personnels et professionnels sont différents.

De façon un peu schématique, il existe 4 grandes raisons qui motivent le départ des collaborateurs boomerang d’une entreprise.

La première raison qui explique le départ d’un salarié boomerang est la saisie d’une opportunité professionnelle permettant de développer de nouvelles compétences, après 3 à 5 années passées dans l’entreprise. Ils reviennent dans l'organisation plus tard, généralement à un poste et un niveau de rémunération plus élevés.

Ensuite, certains salariés boomerang quittent l’entreprise en raison d'événements d’ordre familiaux ou personnels : mutation ou promotion du conjoint, accompagnement d’un parent ou d’un enfant malade etc… En règle générale, ces salariés restent en contact très régulier avec l’entreprise et lui donnent régulièrement des coups de pouce en cas d’urgence (conseils à distance, ou même télétravail selon différents statuts etc…).

 

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La troisième raison de départ concerne les salariés saisonniers. Ce sont des étudiants qui travaillent pendant l’été ou pendant les congés, des saisonniers. Ils rejoignent et quittent la société de façon régulière, au gré de leur agenda personnel ou professionnel, et parfois la réintègrent de façon définitive.

La dernière raison de départ concerne les collaborateurs très expérimentés dans une entreprise (+ de 10 ans) et ayant de fortes ambitions professionnelles. Ce sont des gens qui sont régulièrement sollicités par des recruteurs et cabinets de recrutement, qui voient plusieurs collègues quitter la société pour prendre plus de responsabilités. Au fil du temps, ils se disent, "Peut-être devrais-je faire quelque chose de différent », ou « Si je ne le fais pas maintenant, je ne le ferai jamais.». Souvent, ces gens partent pour un nouveau défi, et se rendent compte rapidement qu'ils ont fait une erreur. Ils partent généralement pour quelques semaines ou quelques mois tout au plus.

 

Quelle est l’ampleur de ce phénomène ?

En France, le phénomène est relativement récent. En dehors des quelques articles sur le sujet, publiés depuis 3 ou 4 ans, il n’existe pas, à notre connaissance, d’étude quantitative. Au Etats Unis, le phénomène existe depuis un peu plus longtemps et les chercheurs se sont penchés sur la question. Un sondage réalisé par la Société Kronos et le site internet www.WorkplaceTrends.com a mis en lumière que les RH sont de plus en plus favorables au fait de réembaucher un ex-collaborateur. En effet 65 des RH déclarent accepter l'embauche de salariés boomerang. Au-delà de ces bonnes intentions affichées, la moitié des RH sondés ont indiqué que leur organisation avait déjà une politique spécifique de gestion des salariés boomerang. Toujours selon ce sondage, 85% des RH a des candidatures d'anciens employés, ce qui s’est traduit pour 40 % des entreprises par un recrutement (environ 1 candidat sur 2 retenu).

 

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Quels outils les entreprises déploient elles pour favoriser le retour des salariés boomerang ?

Avant tout, il est nécessaire de spécifier que la gestion des carrières et la rétention des talents n’est pas une science exacte. Le libre arbitre des collaborateurs et ex-collaborateurs ne permet pas de prédire qui sera un salarié boomerang ou pas. Néanmoins certaines entreprises adoptent des stratégies positives vis-à-vis des salariés les quittant.

Souvent les entreprises ont une forte présence sur les réseaux sociaux et peuvent aller jusqu’à créer des groupes d’anciens employés. Pour celles qui sont les plus proactives sur le sujet, elles peuvent aller jusqu’à confier le recrutement des salariés boomerang à une entreprise extérieure, chargée de garder un œil sur les anciens collaborateurs et de se connecter régulièrement avec eux. Pour être efficace, cette stratégie doit être mise en place avant même le départ du collaborateur et doit être renforcée au moment du départ.

 

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Quels bénéfices attendre des salariés boomerang ?

De façon assez évidente, les salariés boomerang minimisent très fortement les risques inhérents au recrutement et présentent certains avantages :

  • Ils connaissent et comprennent l’activité de l’entreprise, ses produits et ses services
  • Ils connaissent l’organisation et les process
  • Ils en connaissent la culture et l’acceptent
  • Ils savent ce qui est attendu d’eux
  • Ils ont découvert de nouvelles choses et fait de nouvelles expériences pendant leur absence de la société et en font profiter l’entreprise
  • Ils sont souvent plus fidèles lorsqu’ils reviennent dans l’entreprise

 

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Un autre avantage inattendu, souvent négligé et difficilement chiffrable, concerne l’effet sur moral de leurs collègues. Les collègues peuvent être contents de retrouver un top performer et se dire par la même occasion : « il est parti puis est revenu. Peut-être l’herbe n’est-elle pas plus verte ailleurs ».

 

Cet effet sur le moral est tout de même une lame à double tranchant. En effet, l'effet inverse peut se produire si l’entreprise réembauche un salarié qui n’était pas vu comme un top-performer par ses pairs. Les collaborateurs se diraient : « Nous avons tant de mal à recruter que nous faisons revenir n’importe qui dans cette société ».

En conclusion : pour les secteurs d’activité présentant des difficultés de recrutement, il peut être intéressant de garder le contact avec les salariés après leur départ de la société…

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A propos de l'auteur

Benjamin Metzger

Benjamin Metzger


Après un parcours professionnel de 15 en Ressources Humaines dans des PME et des grands groupes, B. Metzger a rejoint le réseau d'experts Perfhomme.

Il dirige le cabinet de recrutement et de conseil RH Perfhomme pour les Alpes.

Au quotidien, il aide les entreprises à développer l'engagement de leurs collaborateurs, pour générer de la performance économique durable.


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